Coups de tracteur #13

Littérature

Dans ce premier roman, Salomé Kiner parle de l’adolescence, de ses fracas et de sa flamboyance. Elle aborde aussi un sujet lourd – la prostitution des mineur.e.s – et réussit la prouesse de le traiter sans tomber dans le sordide.

Avec sa plume alerte et acérée, Salomé Kiner dresse le portrait aigre-doux d’une adolescente de la fin des années 90 qui ne comprend rien et ne voit rien arriver.
L’héroïne est attachante et on suit, en tension, sa vie chaotique et son ton parfois cru et non dénué d’humour.

C’est vif, sensible, parfois drôle. C’est de la violence traversée de lumière. On y croit, on est emporté.

Une réussite.

“Grande couronne” de Salomé Kiner, éd. Christian Bourgois, 18,50€

Ce matin-là, Jacques Bonhomme n’est pas dans sa cuisine, pas sur son tracteur, pas auprès de ses vaches. Depuis la veille, le jeune homme est en cavale : il a quitté sa ferme et s’est enfui, pourchassé par les gendarmes comme un criminel. Que s’est-il passé ?
Par les voix de sa sœur, d’un voisin, on va suivre les épisodes qui ont conduit à cette situation. Inspiré de faits réels, on ne peut qu’être happé par la machine implacable, secoué par les aberrations d’un système dégradant notre rapport au vivant.

C’est toute la magie de Corinne Royer de rendre un texte à la fois poétique et vivant où le lecteur se trouve bouleversé par ce récit de vie poignant, absurde. Peut-être le roman le plus fort de Corinne Royer.

“Pleine terre” de Corinne Royer, Actes Sud, 21€

Un jour, la mère d’Anne Berest reçoit une carte postale anonyme avec quatre prénoms qui sont ceux de ses grands-parents et de sa tante et son oncle, morts à Auschwitz en 1942.
A partir de là, Anne va enquêter. Qui a pu envoyer cette carte ? Et surtout quelle a été la vie des membres de sa famille qu’elle n’a jamais connu ?

Une saga familiale où l’histoire croise l’Histoire qui est aussi une enquête haletante et surtout un très beau roman.

“La carte postale” d’Anne Berest, éd. Grasset, 24€

Littérature ados/adultes

Pour le groupe elle en est une.
Une belle.
Une vraie.
Une grosse.
Une sacrée.

Une vague d’insultes et de haine s’abat brutalement sur l’héroïne de cette histoire.

Ce très bon roman d’éducation sexuelle mène des réflexions passionnantes sur le slut shaming (le fait de stigmatiser les femmes en raison de leur comportement sexuel). Un récit court dont on ne décroche pas, qui dit l’importance de l’écoute de soi et de l’autre dans les relations intimes et qui donne envie d’être soi.

“Queen kong” d’Hélène Vignal, éd. Thierry Magnier, 12,90€

Polar

Dans un poste de police australien, Gabriel se présente car il s’est soustrait à un tueur en série pour lequel il aurait dû être la 55e victime. Quelques heures plus tard, Heath vient chercher protection car il vient d’échapper aux griffes d’un fou : un certain Gabriel.
Qui dit la vérité ? Comment débuter l’enquête ?

Premier roman de cet auteur irlandais, voici un bon polar au scénario original et qui tient la route jusqu’au bout.

“Victime 55” de James Delargy, éd. Harper Collins, 8,50€

Livre-objet

Un leporello qui forme une boucle infinie : celle des langues qu’il nous reste à apprendre. Un récit et des illustrations tout en sensibilité qui forment un langage magnifique.

“Je connais peu de mots” d’Elisa Sartori, éd. Cotcotcot, 15,50€

Essai

En mêlant récit personnel, essai scientifique et témoignages au sujet de personnes autistes dites invisibles, ce livre change complètement notre regard sur ce qu’est la « normalité ». Une réflexion essentielle et une approche intersectionnelle passionnante accessibles, notamment grâce à un humour bien dosé.

Dans ta bulle, Julie Dachez, éd. Marabout, 6,90€

BD

« C’est alors que j’ai réalisé que j’étais non seulement morte, mais assassinée ».
Emma Doucet, vieille dame au caractère bien trempé, se relève d’une chute en se sentant étrange. Pourtant, rien n’a changé, excepté un trou dans sa poitrine… Qui a bien pu vouloir sa mort ? Et pourquoi n’est-elle pas (vraiment) morte ?

La vieille femme va décider d’enquêter…

Comédie grinçante et savoureuse, on ne peut que suivre avec enthousiasme les aventures de ces vieux qui aspirent à une mort joyeuse. C’est léger et profond et ça se dévore.

Ma vie posthume – intégrale, d’Hubert et Zanzim, éd. Glénat, 20€

Albums jeunesse

Un bijou graphique et narratif exceptionnel, qui ravira les petits et grands lecteurs comme les non-lecteurs grâce à la richesse de ses pages. L’auteur nous glisse dans la peau d’un héros casqué en colonie de vacances au Camp d’été de la Vallée du secret. Il se lance alors à la recherche du Maître du secret (c’est simple : il a une grande barbe, une canne, un artichaut et un chapeau rigolo) et tente de connaître le fameux secret.
Un album complètement farfelu aux couleurs explosives !

Le Secret très secret du maître du secret” de Vincent Pianina, Thierry Magnier, 18€

Un adorable livre pop-up (livre animé) aux mécanismes originaux. La sobriété des trois couleurs (blanc, noir, turquoise) ajoute à la beauté de ce petit livre-objet qui fera étinceler les pupilles des petits et grands.

“Chat blanc” de Mathilde Arnaud, éd. Les Grandes Personnes, 15€

Et hop, un petit livre maniable pour les petits mains, pour apprendre à compter et à reconnaître les chiffres.

De façon ingénieuse, sur chaque page, différents modes de lecture sont proposés : compter sur ses doigts, compter les points d’un domino, repérer une suite, lire les chiffres arabes ou écrits.

C’est joyeux et graphique en plus d’être intelligent.

“Les toutouchiffres” de Caroline Dall’Avia, éd. L’Agrume, 13,90€.

Dédicace de Christian Chemin et Gérard Grosborne

Nous avons le grand plaisir d’accueillir Christian Chemin et Gérard Grosborne pour la parution du livre “Les pronoms des arbres”, jeudi 4 novembre à 18h. La rencontre sera suivie/accompagnée d’un verre de l’amitié. 🙂

Le livre

Les pronoms sont l’endroit d’où nous parlons. Parler ici, à partir de l’arbre, des arbres. Lier des petites histoires à l’histoire qui se joue et notamment l’histoire que les arbres nous racontent. Leur détresse aussi. J’entends Greta Thunberg s’adresser à nous, ceux qui ont joui de tout, certains plus que d’autres, ma génération plus qu’une autre. Elle, c’est mon enfant, nos enfants. J’ai encore envie de leur raconter des histoires, non pas pour les endormir, mais pour dire ce qui nous fait humain, que si nous ne pouvons changer le monde, du moins que celui-ci ne nous convertisse pas en bio-humain connecté…. et que l’on puisse encore marcher dans une forêt, admirer ou toucher un arbre en éprouvant par tous nos sens la puissance de la vie.”
Christian Chemin

“Les pronoms des arbres” de Christian Chemin, photographies de Gérard Grosborne, 56 pages, 8€.

Les auteurs

Christian Chemin écrit court, il ne sait faire autrement. Il écrit des petits textes, des chroniques, des poèmes, des chansons qu’il met parfois en musique et qu’il chante. Il arrive que ses petites histoires rencontrent un autre, une autre, alors on fait un bout de chemin ensemble.

Doit-on présenter Gérard Grosborne aux saint-antoninois ? Gérard est photographe. Il est un œil. Un œil 24/36 qui saisit dans le cadre l’instant, le moment, le bon moment. Il écrit en 35 millimètres comme on écrit des chroniques. Instants volés, instants figés parfois dans le cadre, parfois hors champs, là où la photo s’invente.

La fin de la mégamachine

Rencontre avec Fabien Scheidler, samedi 23 octobre à 18h

Samedi 23 octobre, nous aurons la chance d’accueillir Fabian Scheidler pour la présentation de son livre “La fin de la mégamachine, sur les traces d’une civilisation en voie d’effondrement”, publié aux éditions du Seuil.
Énorme succès à l’étranger, ce livre nous offre une clé de compréhension des désastres climatiques, écologiques, pandémiques et économiques contemporains, liées aux structures économiques, politiques et idéologiques que l’auteur appelle “la mégamachine”.

Afin de mieux comprendre ses réflexions passionnantes, nous vous invitons à venir écouter l’auteur samedi 23 octobre à 18h.

La modération sera assurée par Aurélien Berlan, agrégé et docteur en philosophie, chargé de cours à l’Université Jean-Jaurés de Toulouse qui est aussi le traducteur de l’ouvrage.

Sur les traces d’une civilisation en voie d’effondrement

Énorme succès à l’étranger, ce livre nous offre une clé de compréhension des désastres climatiques, écologiques, pandémiques et économiques contemporains. Accuser Sapiens, un humain indifférencié et fautif depuis toujours, est, selon Fabian Scheidler, une imposture. Notre histoire est sociale : c’est celle des structures de domination nées il y a cinq mille ans, et renforcées depuis cinq siècles de capitalisme, qui ont constitué un engrenage destructeur de la Terre et de l’avenir de l’humanité, une mégamachine.
Mais ces forces peuvent aussi être déjouées et la mégamachine ébranlée. Alors que les alternatives ne manquent pas, quel déclic nous faut-il pour changer de cap et abandonner une voie manifestement suicidaire ?
La réponse est dans ce récit. Car seul celui qui connaît sa propre histoire peut être capable de l’infléchir.

L’auteur

Fabian Scheidler est un auteur, essayiste, philosophe, journaliste et dramaturge allemand. Il a étudié l’histoire, la philosophie et le théâtre. Fabian Scheidler travaille notamment comme auteur indépendant pour la presse, la télévision, le théâtre et l’opéra. Il publie régulièrement dans les Blätter für deutsche und internationale Politik (édité par Saskia Sassen, Jürgen Habermas et al.), la Tageszeitung (Taz) et d’autres revues. En 2009, il obtient le prix Otto Brenner pour le journalisme critique. Il a aussi publié Chaos. La nouvelle ère des révolutions (2017, en allemand).

Lire un extrait

https://ref.lamartinieregroupe.com/media/9782021445602/144560_extrait_Extrait_0.pdf

Rencontre avec Violaine Bérot à La Caverne

Nous avons la joie d’accueillir Violaine Bérot pour son livre “Comme des bêtes” que nous avons adoré !

La rencontre aura lieu chez nos amis de La Caverne (explications ci-dessous) – lieu idéal pour découvrir cet ouvrage – mercredi 29 septembre à 18h30. Sur réservation uniquement.

Comme des bêtes

La montagne. Un village isolé. Dans les parois rocheuses qui le surplombent, se trouve une grotte appelée “la grotte aux fées”. On dit que, jadis, les fées y cachaient les bébés qu’elles volaient.

A l’écart des autres habitations, Mariette et son fils ont construit leur vie, il y a des années. Ce fils, étonnante force de la nature, n’a jamais prononcé un seul mot. S’il éprouve une peur viscérale des hommes, il possède un véritable don avec les bêtes.

En marge du village, chacun mène sa vie librement jusqu’au jour où, au cours d’une randonnée dans ce pays perdu, un touriste découvre une petite fille nue. Cette rencontre va bouleverser la vie de tous…

Violaine Bérot, dans ce nouveau roman à l’écriture poétique, décrit une autre vie possible, loin des dérives toujours plus hygiénistes et sécuritaires de notre société. Un retour à la nature qu’elle-même expérimente depuis vingt ans dans la montagne pyrénéenne.

“Comme des bêtes” de Violaine Bérot, éd. Buchet-Chastel, 160 pages, 14€

Violaine Bérot

Née en 1967, Violaine Bérot vit dans les Pyrénées. Son parcours éclectique l’a menée de l’informatique à l’élevage de chèvres. Dans cette vie en soubresauts, une seule constante : écrire.

Aux éditions Buchet-Chastel, elle a publié :

Des mots jamais dits, 2015

Nue, sous la lune, 2017

Tombée des nues, 2018

Qu’est-ce que La Caverne ?

Située sur la commune de Penne du Tarn, en bordure d’Aveyron et à un kilomètre du château de Bruniquel, La Caverne à Penne est un haut lieu de l’aventure humaine.
Connue sous le nom de Grotte de Courbet, cette cavité naturelle a conservé la trace de nos ancêtres magdaléniens.

​La Caverne est à présent un lieu dédié à la fête et à l’esprit de création. Sa nature ne lui permet pas de s’ouvrir au grand public, mais l’autorise à recevoir des invités pour des moments privilégiés à l’occasion de diverses manifestations artistiques.

https://lacaverne.wixsite.com/lacaverne/galerie-photo-1

Les modalités pratiques

Le nombre de places est strictement limité et la rencontre se fait uniquement sur réservation au mail suivant : letracteursavant@gmail.com

Un masque vous sera demandé pour accéder au lieu.

Se rendre à La Caverne

La Caverne se situe route de la Madeleine, sur la commune de Penne. Pour vous y rendre, prendre la direction de Bruniquel, ne pas entrer dans le village mais franchir le pont (vous traversez donc l’Aveyron). Tout de suite après le pont, suivre la route sur la droite. Continuer sur 800 mètres, La Caverne sera sur votre gauche (et l’Aveyron sur votre droite). C’est clair ? N’oubliez pas votre petite laine, La Caverne n’est chauffée que par la chaleur humaine, ce qui est déjà beaucoup mais pas toujours suffisant…

Le stationnement est limité, nous vous conseillons de co-voiturer et de vous garer bien en amont de La Caverne.

Lire, écouter un extrait de “Comme des bêtes”

http://www.libella.fr/data/extrait/9782283034873.pdf

Interview de Violaine Bérot

https://www.cfmradio.fr/une-eleveuse-et-trois-ecrivaines

Rencontre avec F.-H. Soulié le 16 sept

François-Henri Soulié nous avait régalé avec “Angélus” et voici qu’il revient avec un nouvel opus “Magnificat” qui se déroule 11 ans plus tard. Nous aurons le grand plaisir de l’accueillir jeudi 16 septembre à 18h30 à la librairie. S’il fait beau, nous nous installerons Place du Four Neuf. 🙂

Le nombre de places étant limité, nous vous conseillons vivement de réserver à l’adresse suivante : letracteursavant@gmail.com

Le port du masque sera demandé pendant la rencontre.

Magnificat

Après Angélus, voici le nouveau livre de François-Henri Soulié !
An 1177. La vicomtesse Ermengarde règne seule sur le riche comté de Narbonne. Dernière de sa dynastie, elle entretient une cour raffinée dont le jeune troubadour Guilhem de Malpas est le plus brillant fleuron.
Dans l’ombre, elle est pourtant la proie d’un complot implacable. Les marchands, qui constituent la richesse de la ville, veulent faire du comté une république à l’égal de Gênes ou de Pise. Le comte de Toulouse rêve de s’emparer du comté. Les marchands de Narbonne ourdissent un complot visant à instaurer une République. L’Eglise de Rome, quant à elle, se cherche des alliés pour éradiquer l’hérésie cathare.
Dans un palais déserté de sa cour et assiégé par la neige, Ermengarde, affaiblie par la maladie, assiste aux meurtres de ses derniers soutiens. Pour fédérer son peuple, elle place tous ses espoirs dans un grand spectacle dont elle a confié la charge à Guilhem de Malpas.
Mais l’art peut-il vraiment sauver un monde en proie à la violence et à la cupidité ? Pour les Cathares, l’affaire est entendue : le monde est la création du diable et la beauté le dernier piège qu’il nous tend.
Conjurations, trahisons, complots sont les rouages d’un jeu sans pitié dont l’issue sera fatale pour toute une société…

Magnificat” de F.-H. Soulié, éditions 10/18, 522 pages, 15.90€

François-Henri Soulié

François-Henri Soulié est un homme de théâtre aux multiples casquettes : écrivain, comédien, marionnettiste, scénographe, metteur en scène et scénariste. Il a reçu le Prix du premier roman du festival de Beaune en 2016 pour Il n’y a pas de passé simple, paru aux Éditions du Masque. Ce livre a inauguré la série des « Aventures de Skander Corsaro ».
François-Henri Soulié est l’auteur chez 10/18 d’une trilogie écrite à quatre mains avec Thierry Bourcy, qui nous fait voyager à travers l’Europe du début du XVIIe siècle : Le Songe de l’astronome, La Conspiration du Globe et Ils ont tué Ravaillac.

Vidéo

“Ma vie rurale”, rencontre avec Cécile Iordanoff

Nous avons le grand plaisir d’accueillir Cécile Iordanoff pour la présentation de son roman “Ma vie rurale” publiée aux éditions Parole.

Ma vie rurale ou la vie d’une fille de Paris qui a quitté un producteur de films pour un producteur de veaux (bio !)

Sans trop savoir pourquoi, si ce n’est prendre la vague du retour à la nature, une Parisienne quitte sa vie de citadine pour s’installer à la campagne. Elle est réalisatrice de films, rêve d’une ferme idéale, rencontre un éleveur de veaux et s’installe dans sa maison. Elle passe son permis de chasse, s’enchante et se désenchante mais s’intègre et ne repartira plus.

C’est drôle, léger et pétillant. Cécile Iordanoff propose dans ce livre, publié aux éditions Parole, un regard réaliste et tendre sur la confrontation entre deux mondes.

Qui est Cécile Iordanoff ?

Cécile Iordanoff est réalisatrice, scénariste de films documentaires et de fiction et journaliste free lance.

“J’aurais voulu être une artiste, institutrice, vétérinaire, chercheuse, inventeur, paysanne, camionneuse, gangster, avocate, espionne, politicienne, dresseuse de lions, architecte, marin, pilote de chasse, astronaute, exploratrice…
Tout cela mais aussi ce dont personne ne rêve,
Davaï ! Je le réalise… grâce au documentaire !”

Elle s’est installée en 1992 dans le Quercy-Rouergue et y a inauguré le travail à distance avec les premiers chaos d’internet et un train de nuit pour Paris.

Elle écrit les scénarii de ses projets et réalise de nombreux documentaires, sur les thèmes de la nature et de la vie rurale, diffusés sur Canalsatellite et France Ô.

“Ma vie rurale” est son premier roman publié.

Dans les médias

https://www.cfmradio.fr/ma-vie-rurale-

Présentation de l’éditeur

Lire un extrait

https://www.editionsparole.fr/siteinteractifparoleeditions/wp-content/uploads/2021/06/Extrait-MA-VIE-RURALE.pdf

Coups de tracteur #12

Littérature

L’auteur, Hadrien Klent, nous fait ici miroiter une société de demain qui pourrait être réelle : le projet fou de ne travailler que 3 heures par jour. On se plaît à suivre le héros du livre Emilien Long, prix Nobel d’économie, dans son projet sociétal qui devient une campagne politique. On tremble, on espère, on frémit à la lecture de cet ovni littéraire, qui nous emplit de joie et d’oxygène.

“Paresse pour tous” d’Hadrien Klent, éd. Tripode, 355 p., 19€

La peur de trop : Bella se retrouve encore confrontée à un voyeur qui l’a fait flipper; son voisin. Bella en a marre, “pète un cable” et elle passe à l’acte. Elle décide qu’elle n’aura plus jamais peur, qu’on ne l’importunera plus et que la peur va changer de camp. De manière violente et intense.
Un roman féministe soufflant et jouissif – qui est le dernier à avoir fait l’objet en 1991 d’une demande d’interdiction au Parlement de Londres pour cause d’immoralisme – coup de cœur de Camille, étudiante en science politique, venue nous aider cet été à la librairie. 🙂

Dirty week-end” d’Helen Zahavi, éd. Libretto, 8.90€

Voici un roman doux comme un berlingot qui raconte la vie d’une librairie de campagne. Nathalie est devenue libraire et raconte les livres et la vie de ses lecteurs. Un tendre voyage initiatique au pays des livres.

=> Coup de cœur de Chloé, notre étudiante apprentie libraire

“La libraire de la place aux herbes” d’Eric de Kermel, éd. J’ai Lu, 7,10€

Polar, Thriller

Pour un premier roman, Tess Sharpe a frappé fort. Dans ce thriller, on suit, sur trois jours intenses, Harley, cheffe de gang. Sa personnalité forte, sa détermination à venir en aide aux femmes victimes de violence et son addiction à la froide vengeance construisent un roman vif, fort et haletant.

“Mon territoire” de Tess Sharpe, éd. Pocket, 8,70€

Bienvenue en Sardaigne avec ses paysages sublimes et sa beauté saisissante. Enfin, pas tant que ça, au vu de la suite des événements : la découverte de meurtres rituels sauvages… Sur fond historique, le roman balaye le lourd héritage d’une famille, accrochée au poids des croyances.

Avec ce roman, première enquête des inspectrices Mara Rais et Eva Croce, au département des “crimes non élucidés”, l’auteur nous tient en haleine et nous laisse avide de découvrir les prochaines aventures de ses héroïnes.

“L’île des âmes” de Piergiorgio Pulixi, éd. Gallmeister, 25,80€

Littérature jeunesse

Jefferson, hérisson sans histoire vivant au pays des animaux, va être accusé à tort d’avoir assassiné son ami M. Edgar, coiffeur de Défini-Tif. S’en suivront sa cavale et son enquête. Ses recherches le mèneront au pays des humains, dans un voyage touristique en bus, aux côtés de son ami Gilbert le cochon et d’autres animaux.

Un très bon polar autour de la maltraitance animale (mais pas que !), admirablement écrit et plein d’humour.

“Jefferson” de Jean-Claude Mourlevat, éd. Folio junior, 6,80€

“Comme tous les dragons, j’ai quitté les braises du foyer familial le jour de mes deux cents ans, lorsque mes parents m’ont offert mon premier trésor et ma première montagne…”

Un roman illustré tendre et drôle sur le thème de l’amitié et sur le chemin que chacun doit trouver pour être soi-même.

“Un trésor lourd à porter” de Maxime Derouen, éd. Grasset Jeunesse, 14,50€

Littérature ados, jeunes adultes

“Sous nos yeux” explique aux ados (et aux adultes !) comment l’imaginaire visuel, et en premier lieu le cinéma et les séries, véhiculent l’idée de la domination masculine. La clarté du propos, l’humour apporté par les illustrations et le foisonnement d’exemples qui parleront aux jeunes en font une grande réussite.
Un formidable outil qui permet de développer l’esprit critique et de changer enfin de regard.

À partir de 12 ans

“Sous nos yeux” d’Iris Brey et Mirion Malle, éd. La ville brûle, 12€

Par le prisme d’une collégienne qui apprend que sa meilleure amie va devenir grande sœur, Anne Loyer nous invite à réfléchir à la politique de l’enfant unique en Chine. Quelles souffrances pour ces enfants sans frère ni sœur ? Et surtout que deviennent les enfants nés “en trop” ?

Un roman vivant qui permet de s’ouvrir à d’autres cultures, tout en balayant les affres de l’adolescence, universels.

Filles uniques” d’Anne Loyer, éd. Slalom, 14,95€

Imaginez la Terre envahie par des extra-terrestres en forme de crevettes géantes qui ont asservi les hommes comme des animaux domestiques…
Mais une faille de taille a été perçue chez ces aliens : ils explosent littéralement au contact des chats. Et si nos compagnons félins devenaient nos plus chers alliés ?

Un roman drôle, décalé et explosif !

“Félicratie” de H. Lenoir, éd. Sarbacane, 342 p.,18€

Accrochez-vous. C’est rock, c’est punk, ça pulse. Avec un style drôle, actuel et pêchu, on suit Léone dans sa quête d’absolu. Elle ne lâche rien. Elle est chanteuse et guitariste d’un groupe de musique punk et refuse de se faire marcher sur les pieds.

Léone, une Gorilla girl pleine de failles qu’on a sûrement croisé au détour d’une rue.

“Gorilla girl” d’Anne Schmauch, éd. Sarbacane, 16€

Ma mère pense que je vais droit dans le mur, avec mes conneries – en même temps, elle est flic… alors forcément, on a deux trois divergences de vue. Et puis c’est complètement faux ! Ma vie est pleine de projets sérieux : faire la fête avec mes amis, recouvrir Paris de graffs anarchistes, draguer avec la finesse d’un char d’assaut, renverser le patriarcat, soigner mon look de leadeuse d’un groupe punk…
De toute façon, je suis sûre que si je fonce assez fort dans le mur, j’arriverais à passer au travers. Et qui sait ce qu’on trouve, de l’autre côté… L’amour ?
Mouais. L’amour, c’est comme les grenades de désencerclement : ça finit toujours par t’exploser à la figure.

Rencontre avec Aurélie Jeannin

Vendredi 27 août à 18h30, à la librairie

Nous avions été saisies par “Préférer l’hiver” et “Les bordes” et nous sommes ravies d’accueillir l’autrice Aurélie Jeannin vendredi 27 août à 18h30. La rencontre aura lieu Place du Four Neuf à Saint-Antonin-Noble-Val (c’est à 50 mètres de la librairie) ou à la librairie, en cas de mauvais temps.

Venez la rencontrer !

Attention, le nombre de places est limité.

“Préférer l’hiver”

À distance du monde, une fille et sa mère, recluses dans une cabane en forêt, tentent de se relever des drames qui les ont frappées. Aux yeux de ceux qui peuplent la ville voisine, elles sont les perdues du coin. Pourtant, ces deux silencieuses se tiennent debout, explorent leur douleur et luttent, au cœur d’une Nature à la fois nourricière et cruelle et d’un hiver qui est bien plus qu’une saison : un écrin rugueux où vivre reste, au mépris du superflu, la seule chose qui compte.
Dans un rythme tendu et une langue concise et précise qui rend grâce à la Nature jusqu’à son extrémité la plus sauvage, Aurélie Jeannin, dont c’est le premier roman, signe un texte comme une mélancolie blanche, aussi puissant qu’envoûtant.

“Préférer l’hiver” d’Aurélie Jeannin, éd. Harper Collins Poche, 7.20€

“Les bordes”

Les Bordes, c’est un lieu et c’est une famille. En l’occurrence, sa belle-famille qui ne l’aime pas. Elle, Brune, le bouclier. Mère responsable, tenant solidement sur ses deux jambes, un œil toujours visé au rétroviseur ou dans l’entrebâillement de la porte, qui guette, anticipe, tente de maîtriser les risques. Ce week-end comme chaque année en juin, elle prend la route avec ses deux enfants pour rejoindre Les Bordes et honorer un rituel familial. Pour celle qui craint chaque seconde l’accident domestique, Les Bordes ressemblent à l’Enfer. Trop de jeux extérieurs, trop de recoins, de folles libertés. Trop de silence et de méchancetés à peine contenues. Trop de souvenirs.

“Les bordes” d’Aurélie Jeannin, éd. Harper Collins France, 17€

Le choix du chômage : rencontre exceptionnelle avec Benoît Collombat et Damien Cuvillier

Vendredi 9 juillet à 18h30 à la Salle des Thermes

Benoît Collombat et Damien Cuvillier nous font le grand plaisir de venir nous présenter leur remarquable bande-dessinée “Le choix du chômage”, publiée aux éditions Futuropolis.
Comme une enquête policière, les auteurs sont partis à la recherche des racines de ce fléau.

Cette rencontre a lieu grâce à un partenariat avec nos consœurs du Lot, à l’initiative d’Ingrid du Livre en Fête et nous en sommes ravies !

Une enquête dans les coulisses de la décision politique.

Benoît Collombat est journaliste d’investigation à Radio France, il est l’auteur avec Etienne Davodeau de “Cher pays de notre enfance”, une BD documentaire édifiante et un grand succès public. Damien Cuvillier est auteur de bandes-dessinées, il a notamment dessiné “Nuit noire sur Brest” et “La guerre des lulus, la perspective Luigi”.

Objectif plein emploi ? “Le choix du chômage” prouve le contraire.

Ce livre est une enquête documentée, riche des témoignages d’anciens ministres, de conseillers de présidents de la République, d’anciens directeurs du Trésor ou du FMI, de banquiers, d’économistes, de juristes, de sociologues et de philosophes…
Pendant trois ans, Benoît Collombat et Damien Cuvillier ont investigué sur ce qui a fait basculer les choses : comment et pourquoi les hommes politiques ont “remis les clés” de l’organisation du monde à l’économie et à la finance.
Ce basculement repose sur la victoire idéologique, à un moment donné, d’une pensée : le néolibéralisme, pour qui le rôle de l’État est avant tout de servir de marché.

Un livre dense, passionnant et riche d’enseignements.

Benoît Collombat et Damien Cuvillier ont souhaité faire un reportage en bande dessinée sur les politiques économiques des différents présidents de la Ve République qui ont abouti à faire exploser le chômage en France au cours de ces 50 derniers années.
Le chômage est un fléau qui a commencé à prendre de l’ampleur en 1973, à une époque où Georges Pompidou, alors président de la République, annonce qu’il y a 400 000 chômeurs en France. Au cours des décennies suivantes, ce chiffre ne cessera d’augmenter malgré les annonces chocs qui se succèdent par les présidents et ministres.

Les auteurs voulaient comprendre quelles personnalités étaient à l’origine des grands choix économiques favorisant le désengagement de l’État au service du marché.

Le dessin au lavis et à l’encre très précis permet de plonger le lecteur dans l’enquête de terrain fouillée que les deux auteurs ont menée.

Résultat : un livre dense, passionnant et riche d’enseignements.

Qui est Benoît Collombat ?

Benoît Collombat est un journaliste d’investigation.

Reporter à France Inter entre 1994 et 2015, il travaille désormais à la cellule investigation de Radio France.

Parmi ses nombreux reportages :
  • En 2003, une contre-enquête sur la mort de l’ancien ministre Robert Boulin, intitulée « Affaire Boulin, un homme à abattre », qu’il prolonge en 2009 avec de nouveaux éléments inédits.
  • En décembre 2007, une enquête sur la disparition en Polynésie française du journaliste d’investigation Jean-Pascal Couraud, dit JPK.
  • En 2008, il enquête sur les rumeurs d’assassinat du premier ministre Pierre Bérégovoy. Puis sur l’affaire du “cabinet noir” d’Yves Bertrand, et sur l’affaire Ali Mécili. Benoît Collombat enquête également sur les paradis fiscaux.
  • En 2009, Benoît Collombat réalise l’enquête “Les affaires africaines du Docteur Kouchner ” où il publie pour la première fois les fameux rapports. Il apporte également de nouveaux éléments dans l’enquête sur le naufrage du Joola au Sénégal. En 2009, il réalise également un reportage en Afrique “Cameroun : l’empire noir de Vincent Bolloré”.
  • En août 2010, Benoît Collombat publie une enquête sur Éric de Sérigny, l’un des conseillers d’Eric Woerth mais aussi l’affaire Wildenstein, nouvel élément de l’affaire Bettencourt.
Ses livres :
  • Sarkozy-Kadhafi, des billets et des bombes, ouvrage collectif, éd. Delcourt, 2019
  • Député, la noble assemblée, avec Etienne Davodeau, éd. Gallimard BD, 2017
  • Cher pays de notre enfance – Enquête sur les années de plomb de la Ve République, avec Etienne Davodeau, éd. Futuropolis, 2015
  • Au nom de la France, guerres secrètes au Rwanda, avec David Servenay, éd. La Découverte, 2014
  • Un homme disparaît : l’affaire JPK – 15 décembre 1997, éd. Nicolas Eybalin/Scrineo, 2013
  • La fédé, comment les socialistes ont perdu le Nord, avec David Servenay, éd. Seuil, 2012
  • Histoire secrète du Patronat de 1945 à nos jours, ouvrage collectif, éd. La Découverte, 2009
  • Un homme à abattre – Contre-enquête sur la mort de Robert Boulin, éd. Fayard, 2007

Qui est Damien Cuvillier ?

Passionné très tôt par le dessin, Damien Cuvillier réalise ses premiers travaux d’illustrations dès 16 ans et participe à de nombreux concours de bande dessinée. Après avoir collaboré à des collectifs, il publie son premier album en 2010 Les Sauveteurs en mer (Vents d’Ouest). Par ailleurs, il participe à des spectacles multidisciplinaires alliant conte, musique et dessin.

Il publie aussi dans la revue dessinée.

En 2006, il reçoit le Prix Régional au festival de la bande-dessinée d’Amiens. En 2014, il reçoit le Prix coup de cœur du festival Quai des bulles à Saint-Malo.

Il rejoint les éditions Futuropolis en 2014 avec Chroniques de Notre Mère la guerre, collectif avec Maël et Kris avec qui il collabore sur Nuit noire sur Brest. En 2017, il participe à la série La Guerre des Lulus. Depuis, ce passionné du dessin et de la narration alterne les collaborations.

Ses livres
  • Mary Jane avec Frank Le Gall, éd. Futuropolis, 2020
  • La Guerre des Lulus – 1916 : La Perspective Luigi, avec Régis Hautière, éd. Casterman, 2018-2019
  • Eldorado avec Hélène Ferrarini, éd. Futuropolis, 2018
  • Nuit noire sur Brest avec Kris et Bertrand Galic, éd. Futuropolis, 2016
  • Les souliers rouges, avec Gérard Cousseau, éd. Bamboo, 2014-2015
  • La crise, quelle crise ? avec Dominique Zay et Kris, éd. de la Gouttière, 2013
  • Aïcha K. avec Jean-François Chanson, éd. Alberti, 2013
  • La guerre secrète de l’espace, Tome 1 : 1957 Spoutnik avec Régis Hautière, éd. Delcourt, 2010

Lien vers Futuropolis

Jusqu’au 9 juillet : expositions de planches originales de la BD à la librairie

Coups de Tracteur #11 spécial poésie

Poésie

Pauline Delabroy-Allard nous avait entraîné.e.s avec sa prose hypnotique dans “ça raconte Sarah” (éd. de Minuit). Dans “Maison-tanière”, la narratrice s’est réfugiée dans cette maison d’amis qui la réconforte et devient un peu la nôtre. Chaque jour, Pauline choisit un disque dans la bibliothèque des hôtes et, le temps du vinyle, écrit un poème puis prend une photo. Dans la deuxième partie du livre, la tristesse prend le pas et cette fois, ce sont les plafonds, avec leurs traces, leurs fissures, qu’elle photographie.
Un texte tour à tour poignant, léger, grave, sensuel.

Extrait à écouter

“Maison-tanière” de Pauline Delabroy-Allard, éd. L’iconoclaste, 80 p., 13€

C’est d’une main légère que Cédric Le Penven creuse ses plaies comme les sillons dans sa terre. Dans ce recueil qui tend vers le journal, l’auteur interroge la souffrance et la beauté du quotidien. Où l’on comprend aussi pourquoi le poète plante des arbres et les écrit.
Des poésies comme des lames, belles et saisissantes.

grandir, c’est peut-être cesser de croire qu’une douleur nous ressemble plus qu’un sourire

Un sol trop fertile, Cédric Le Penven, Éd. Unes, 80p., 17€

Rupi Kaur s’est fait connaître avec “Lait et miel” (publié aux éd. Charleston en France).
Artiste, elle réalise des performances et explore une grande variété de thèmes dans son travail comme l’amour, les traumatismes, la féminité, la migration.
Dans “Home body”, Rupi Kauri souhaite défricher les frontières d’un corps qui a été violenté pour apprendre à l’aimer.
Ce livre présente à la fois ses dessins, esquisses et poésies. Fraîcheur, urgence et spontanéité sont les lignes directrices de son travail. Comme des haïkus modernes, en quelques mots, Rupi Kaur parle de tristesse mais aussi de guérison.
Une poétesse à découvrir.

“Home body” de Rupi Kaur, éd. Nil, 192 p., 17,50€

Une pièce manquante
dans un puzzle
fait un trou dans le paysage.

Comment grandir avec un secret trop lourd à garder ? Tout en tissant des liens avec “Alice au pays des merveilles”, ce recueil évoque ce que chacun peut construire pour supporter un événement de notre passé.
Un ouvrage délicat et émouvant.

“Amnésies” de Marlène Tissot, éd. La boucherie littéraire, 14€

Dans un cri, cette poétesse dénonce avec rage la violence – malheureusement universelle – faite aux femmes au Guatemala. Voici une lecture uppercut qui engage à la résistance.
L’écriture radicale de Regina José Galindo reflète la violence de son «Guatemalade, malade, malade».
Tragique et percutant, ce texte violent vous laissera K.O.

“Rage” de Regina José Galindo, éd. Les lisières, bilingue espagnol-français, 88 p., 14€

À la fois lyrique et narrative, la poésie de Kimberley Blaeser dit la violence subie mais aussi la survivance de la nation et de la culture amérindienne Anishinaabe. Kimberley utilise une langue précise et riche qui absorbe son lecteur.
Au plaisir de la lecture s’ajoutera celui de l’objet qui est beau en soi : typographie, mise en page, qualité du papier. De plus, l’ouvrage est bilingue et comporte de nombreuses notes de la traductrice.

Résister en dansant, Kimberley Blaeser, Éd. des Lisières, 17€

Encore un bel objet-livre aux éditions des Lisières que l’on a plaisir à caresser de la main avant de le dévorer avec les yeux ! L’autrice a su créer un lien doux et organique entre le texte et les linogravures.
Un texte qui invite à la contemplation et à la réconciliation.

“La musique du vent” de Lætitia Gaudefroy Colombot, couverture illustrée d’une linogravure originale de l’artiste, 48 p., 12€

Zoom sur deux maisons d’édition qui viennent de rejoindre les rayons de la librairie

La Boucherie Littéraire

Les éditions La Boucherie littéraire ont été créées en 2014 dans le Lubéron par Antoine Gallardo.
Elles publient des auteurs contemporains de langue française, offrant exclusivement à lire de la poésie. Poésie à fleur de peau, intime, parfois difficile, introspective, vivante, qui sait aussi être incisive et saisissante.
La forme poétique privilégiée est le retour à la ligne.
Les éditions sont menées avec exigence, que ce soit dans l’accompagnement de l’auteur et de son texte ou encore dans les choix de papiers de création et dans l’impression.
Selon Antoine Gallardo “Éditer est un acte de création à part entière.”

La collection “Carné poétique”
Elle est constituée de la viande des auteurs et des lecteurs (qui souvent écrivent eux-mêmes). Il s’agit de livres-objets hybrides à mi-chemin entre le carnet blanc et le livre imprimé. Ce sont des carnets d’inspiration : la poésie lue nous inspire autant que ce qui nous entoure. Ainsi, dans le steak de tous les jours, une poésie originale de 20 pages est prise en sandwich entre 40 pages vierges, laissées à la création du lecteur. La chair restante présente l’auteur et son travail.

lien vers la boucherie littéraire

Les éditions Les Lisières

La poésie est une graine à cultiver, c’est l’herbe folle qui défie les « monocultures de l’esprit » (Vandana Shiva), tout en elle tend à proliférer. Et jamais elle ne se résoudra à n’être qu’un sous-rayon de la littérature.
Fondées en 2016, les éditions des Lisières sont nées dans la Drôme sous la main de Maud Leroy.
Elles abritent des voie/x poétiques.
Considérant que la poésie ne s’arrête pas au poème mais qu’elle constitue une inscription de l’humain sur terre, la maison souhaite faire entendre une diversité de voix, notamment des voix discrètes comme celles des ruraux, des femmes ou des colonisés.

Convivialité et bibliodiversité sont deux concepts qui guident le travail des Lisières, où une part importante du catalogue est tournée vers l’édition bilingue.
L’édition y est conçue comme un outil convivial. Le livre est donc pensé ici plus comme un objet artisanal, fait de plusieurs voix, de plusieurs mains, que comme une marchandise standardisée. Ainsi, la plupart des couvertures des livres sont en typographie au plomb et linogravure – avec le soutien de Pierre Mréjen des éditions Harpo &.
Quant à l’impression, elle est assurée par un imprimeur et un façonnier locaux. Les papiers sont choisis méticuleusement. Il en résulte des livres sobres et sensuels.

lien vers les éditions des lisières