Rencontre avec Olivier Liron

C’est avec joie que nous accueillerons Olivier Liron, auteur du “Livre de neige” publié aux éditions Gallimard, jeudi 14 avril à 18h30. Livre pour lequel nous avons eu un coup de cœur ! La réservation est conseillée. 🙂

Le livre de neige

« J’ai voulu écrire ce livre comme un cadeau pour ma mère, Maria Nieves, dite Nieves, qui signifie neige en espagnol. Un livre pour elle, entre vérité et fiction. Un portrait romanesque par petites touches, comme des flocons. »

Neige a grandi sous la dictature franquiste, puis a connu l’exil et la misère des bidonvilles de Saint-Denis. Humiliée, insoumise, elle s’est inventé en France un nouveau destin. Hommage espiègle d’Olivier Liron à sa mère, cette héroïne discrète qui lui a transmis l’amour de la vie et l’idée que les livres sont notre salut, Le livre de Neige raconte aussi, en creux, la naissance d’un écrivain.

Olivier Liron

Olivier Liron est l’auteur de romans, de nouvelles, de scénarios, de pièces de théâtre et de fictions sonores. Son premier roman en 2016, Danse d’atomes d’or (Alma éditeur), est sélectionné pour une dizaine de prix littéraires et reçoit un excellent accueil du public. Son deuxième roman, Einstein, le sexe et moi (Alma éditeur) parle de son expérience d’autiste Asperger et reçoit un très grand succès critique et de librairies. Il sera lauréat du Grand Prix des Blogueurs littéraires 2018 et finaliste du Prix Femina.

Normalien et agrégé d’espagnol, Olivier Liron enseigne la littérature comparée à l’université Paris 3-Sorbonne Nouvelle avant de se consacrer à l’écriture et au théâtre. Il se forme en parallèle à l’interprétation et à la danse contemporaine. Il est également l’auteur de pièces de théâtre, de scénarios pour le cinéma et de fictions sonores.

Olivier Liron se fait aussi connaître sur les réseaux sociaux par ses lectures de poésie et ses compositions au piano.

Livres Hebdo

https://www.livreshebdo.fr/article/olivier-liron-le-livre-de-neige-gallimard-le-livre-de-ma-mere

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“Les nuits bleues”

C’est avec grand plaisir que nous accueillerons Anne-Fleur Multon pour son livre solaire “Les nuits bleues” , publié aux éditions de l’Observatoire, pour lequel nous avons eu un coup de cœur !
La rencontre aura lieu à la librairie jeudi 16 juin à 19h. Il est conseillé de réserver.

Le livre

Dans les rues d’un Paris déserté, la narratrice avance la peur au ventre et la joie au cœur : c’est chez Sara qu’elle se rend, pour la toute première fois. Les premières fois, les deux amantes les comptent et les chérissent, depuis leur rencontre, les messages échangés comme autant de promesses poétiques, le désir contenu, jusqu’à l’apothéose du premier baiser, des premières caresses, de la première étreinte. Leur histoire est une évidence.

Débute une romance ardente et délicate, dont les héroïnes sont également les témoins, subjuguées. La découverte de l’autre, de son corps, de ses affects, l’éblouissement sensuel et la douce ivresse des moments partagés seront l’occasion d’apprendre à se connaître un peu mieux soi-même.

Anne-Fleur Multon redonne ses lettres de noblesse et d’humanité au roman d’amour et nous entraîne dans les dédales d’une passion résolument joyeuse, souvent charnelle et parfois mélancolique, mais toujours étourdissante.

Anne-Fleur Multon

Anne-Fleur Multon est née en 1993. Après des études de lettres à la Sorbonne et à l’ENS où elle travaille sur la littérature de jeunesse et le genre, elle décide de se consacrer pleinement à l’écriture. C’est pour elle autant une passion dévorante qu’un moyen d’aborder avec les ados les problématiques qui lui sont chères.

Féministe convaincue, lesbienne, engagée dans la lutte pour les droits des personnes LGBT et rat de bibliothèque assumée, ses romans sont à son image : vivants, ancrés dans leurs temps, et surtout, héroïquement adolescents.

Elle est l’autrice de la série pour la jeunesse Allô Sorcières (2017-2018), chez Poulpe Fictions, illustrée par Diglee, et du thriller C’est pas ma faute (2020), coécrit avec Samantha Bailly chez Pocket Jeunesse. Elle a aussi participé aux ouvrages collectifs La revanche des princesses (2019), Au cœur de la forêt (2019), chez Poulpe Fictions et Auzou et En quête d’un grand peut-être (2020).

Avec Les Nuits bleues, elle signe son entrée en littérature adulte.

Coups de tracteur #15

Ici des coups de tracteur qui font du bien, les livres que nous avons préféré, au fil de nos lectures…
🚜❤❤❤

Littérature

Voici un roman léger comme des flocons, doux comme de la soie, qui rend hommage à Neige, la mère de l’auteur. On suit son parcours d’immigrée, sa volonté farouche, sa vie d’adulte. Ce n’est pas toujours rose une vie de Neige, mais c’est beau quand c’est raconté avec les yeux emplis d’amour du fils. Un roman qui fait du bien.

Olivier Liron “Le livre de neige”, éd. Gallimard, 19€

=> rencontre avec l’auteur le 14 avril à 18h30

Titiou Lecoq, avec son style enlevé inimitable, nous embarque dans cet ouvrage intelligent et enthousiasmant qu’on a envie d’offrir à toutes les copines et tous les copains ! Elle retrace avec finesse le rôle des femmes dans l’Histoire, ce qu’on en sait, ce qu’on en dit et pourquoi leur place est encore à faire.
Une pépite grinçante indispensable dans sa bibliothèque.

Titiou Lecoq “Les grandes oubliées”, éd. L’Iconoclaste, 20,90€

=> rencontre avec l’autrice le 5 mai, à 20h30, Théâtre du Florida, Septfonds

C’est avec une écriture sensible que Laurine Thizy nous parle du passage à l’âge adulte − avec ses émotions et ses difficultés −, des liens entre une petite-fille et sa grand-mère, de deuil, de quête et d’amour.
Un premier roman dont on se souvient longtemps.

Laurine Thizy “Les maisons vides”, éd. de l’Olivier, 18€

=> rencontre avec l’autrice le 24 mars à 18h30

Avec de courts chapitres, Anne-Fleur Multon nous embarque dans une histoire d’amour vive, enflammée, évidente.
L’écriture est variée, poétique et sensuelle et donne un souffle à ce roman d’amour entre deux femmes.
C’est fort et joyeux.

Anne-Fleur Multon “Les nuits bleues”, éd. L’Observatoire, 18€

=> Rencontre avec l’autrice le 9 avril à 19h

Polar

Roman à deux voix entre un moine qui ne vit pas très bien sa vie recluse et le journal de l’expédition de sa sœur Anna en Iakoutie. Comment Dom Joseph est-il entré en possession de ce cahier ? Qu’est-il arrivé à sa sœur ? On le découvre en même temps que lui.
L’ambiance est saisissante et Patrice Gain nous happe avec cette histoire de double huis-clos.

Patrice Gain “De silence et de loup”, éd. Albin Michel, 17,90€

Par une terrible nuit d’hiver, Yasmin disparaît près de la falaise, mais aucun corps n’est jamais retrouvé.
Bientôt, tout accuse Samir. Après tout, n’avait-il pas une relation conflictuelle avec sa fille ?
Maria ne peut y croire, mais petit à petit, le doute l’envahit…
Un polar psychologique à l’intrigue très bien ficelée qui se déguste sans modération.

Camilla Grebe “L’horizon d’une nuit”, éd. Calmann-Lévy, 21,90€

À Hønefoss en Norvège, le policier Lars Lukassen enquête sur le meurtre présumé d’un ancien camarade de classe. Peu à peu l’ambiance de la petite ville se tend : une silhouette rôde autour des cours d’écoles et tourmente des enfants en leur chuchotant des histoires effrayantes.
D’une écriture ciselée, Ellen G. Simensen nous immerge dans l’ambiance froide des fjords norvégiens beaux et indifférents aux malheurs des gens.

Ellen G. Simensen “La vertu du mensonge”, éd. Gallmeister, 25,20€

Bandes dessinées

Dans le Madrid des années 50, un duo de journalistes que tout oppose tente d’élucider le meurtre d’une femme : un ancien phalangiste désabusé du nom d’Emilio Sanz et le jeune Léon Lenoir, fils d’une bourgeoise madrilène et d’un communiste français.
Un travail historique, scénaristique et graphique remarquable qui aborde notamment la question de la presse et de la condition des femmes sous l’Espagne franquiste. Une BD passionnante, très bien construite et dont l’équilibre entre dimension historique et dimension polar est parfait.

Teresa Valero “Contrapaso”, éd. Dupuis, 24€

Difficile de résumer cette BD tellement riche et enthousiasmante. Lettres perdues, c’est l’aventure rocambolesque de Iode qui, désespéré de ne pas recevoir la lettre qu’il attendait de sa mère, part en ville dans l’espoir de trouver des réponses au bureau de poste. Sur sa route il croise les chemins de Frangine et de l’agent de police Cycy qui vont donner un autre sens à sa quête. Lire ce livre, c’est s’embarquer dans un univers coloré, poétique et plein d’humour mais aussi de mélancolie. En plus d’un travail graphique exceptionnel, le récit est particulièrement rythmé et entraînant. Un véritable bijou à lire et à relire !

Jim Bishop “Lettres perdues” éd. Glénat, 22€

Avec ses dorures et son signet, ce magnifique livre se présente comme un livre de contes qui fait rêver. Mais attention, la ressemblance s’arrête là ! Dans cet album jubilatoire, Lou Lubie dissèque les contes de notre enfance. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que tout le monde en prend pour son grade. Cendrillon n’est pas la chic fille qu’on imaginait, le chaperon rouge ne s’en sort pas si bien que dans nos souvenirs.

Une BD mordante, drôle et intelligente et qui fait du bien !

Lou Lubie “Et à la fin, ils meurent”, éd. Delcourt, 24,95€

Dans Le Poids des héros, David Sala retrace sa trajectoire personnelle très tôt marquée par les figures tutélaires, mais non moins écrasantes, de ses grands-pères, héros de guerre et de la résistance.
Une BD tout en sensibilité qui parle du rôle de passeur de mémoire, tout ceci dans une palette éblouissante et magnifique.

David Sala “Le poids des héros”, éd. Casterman, 24€

ALBUMS JEUNESSE

Un album doux et réconfortant sur le thème de la différence et de l’acceptation de soi : Nour est née avec le super-pouvoir de tout illuminer autour d’elle. Pourtant, ce don lui vaut d’être rejetée par les autres. Le livre se clôt alors que Nour accepte cette différence comme une force.

Une histoire qu’on aimerait lire à tous les enfants, portée par un coup de crayon et des couleurs superlumineuses !

A partir de 4 ans.

Ian De Haes “Superlumineuse”, éd. Mijade, petit format souple, 5,20€

Poussée par un “étrange sentiment”, Franca entraîne ses deux petites sœurs dans d’étranges péripéties, jusqu’à leur rencontre avec une reine vivant dans une grotte au fond de la forêt. Une mystérieuse aventure de l’enfance aux mille détails dont les mots, la composition et les illustrations font chavirer !

Pour les 6-8 ans.

Júlia Sardà “La reine et les trois sœurs”, éd. Kaléidoscope, 13,50€

Si ranger n’est pas votre tasse de thé, ni l’activité favorite de vos rejetons, avec “Comment ranger sa chambre en 7 jours seulement”, voici la solution à ce problème !
Ce livre drôle et malicieux va certainement faire partie de la pile des “livres préférés” de la famille…

Audrey Poussier “Comment ranger sa chambre en 7 jours seulement”, éd. L’école des Loisirs, couverture souple, 5€

“Les maisons vides”, rencontre avec Laurine Thizy

Jeudi 24 mars à 18h30

Nous avons eu un coup de tracteur pour “Les maisons vides”, premier roman de Laurine Thizy, publié aux éditions de l’Olivier. Cette jeune autrice nous fait le plaisir de venir nous/vous rencontrer jeudi 24 mars à 18h30. Il est conseillé de réserver.

Les maisons vides

« Par une nuit aux étoiles claires, Gabrielle court à travers champs. Elle court, je crois, sans penser ni faiblir, court vers la ferme, la chambre, le lit, s’élance minuscule dans un labyrinthe de maïs, poussée par une urgence aiguë, par le besoin soudain de voir, d’être sûre. »

Des premiers pas à l’adolescence, dans cette campagne qui l’a vue naître, Gabrielle, avec une énergie prodigieuse, grandit, lutte, s’affranchit. Gymnaste précoce, puis soudain jeune femme, Gabrielle ignore les araignées dans son souffle comme les regards sur son corps. Elle avance chaque jour un peu plus vers la fin de l’enfance.

Porté par une écriture aussi puissante que sensible, Les Maisons vides laisse entendre le vibrant chœur de femmes autour de Gabrielle : Suzanne, Joséphine, María… Générations sacrifiées ou mal aimées, elles ont appris à se dévouer, à faire face et, souvent, à se taire.

Laurine Thizy

Née en 1991, Laurine Thizy fait montre d’un talent très précoce. En 2010, 2013 puis 2014, elle est sélectionnée pour le Prix du jeune écrivain, et publie plusieurs textes dans le recueil édité par Buchet-Chastel. En 2016 et 2017, elle écrit également pour la revue Pan (Éditions Magnani). Doctorante en sociologie, elle enseigne à l’Université de Lyon 2. Son premier roman Les maisons vides est paru en janvier 2022 aux Éditions de L’Olivier.

Les éditions de l’Olivier

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Coups de tracteur #14

Littérature

Abel Bac, flic asocial et fou d’orchidées, est mis à pied. Son passé enfoui ressurgit alors.

Une artiste fait des performances et des installations.

Un lien entre tout ça ?

Avec une écriture fluide et un scénario qui tient en haleine, Claire Berest nous fait visiter le monde de l’art et ce n’est pas toujours joli.

Claire Berest “Artifices”, éd. Stock, 21,50€

Inspiré par la vie d’Élisée Reclus, ce roman est comme un long poème qui berce le lecteur au milieu de La Vouivre, de Mélusine et de la nature omniprésente.

Une ode à la nature et à la littérature.

Bérengère Cournut “Elise sur les chemins”, éd. Le Tripde, 15€

C’est quoi, être un salaud ?

C’est quoi, être un enfant de salaud ?

Sorj Chalandon interroge le passé de son père, son passé caché, son passé fantasmé et en parallèle, il suit le procès Barbie en tant que journaliste.

Un roman émouvant qui interroge l’intime et l’universel.

Sorj Chalandon “Enfant de salaud”, éd. Grasset, 20,90€

Un père et sa petite fille semblent être les derniers survivants de l’espèce humaine sur terre.

Ils vont apprendre à vivre, en lien avec la nature, et à être autonomes.

Un roman, un peu comme un conte qui donne envie de respirer le grand air.

Andrew Krivak “L’ours”, éd. Globe, 19,90€

Cela pourrait être gnangnan et insipide cette histoire de brodeuse de Winchester. Mais ce serait sans compter sur le talent de Tracy Chevalier qui réussit à plonger le lecteur dans une douce ambiance anglaise, tout en dessinant le destin d’une femme d’entre-deux guerres qui s’émancipe.
Un livre qui fait du bien.

Tracy Chevalier, “La brodeuse de Winchester”, éd. Folio, 8,60€

Cela se passe dans les Appalaches dans les années 50 avec une nature présente et magnifique. Une nature indifférente aux malheurs de Rhonda et Tucker, qui luttent, vaille que vaille, contre les maux qui les accablent.

Ce roman poignant est sombre et pourtant, Chris Offutt ne tombe jamais dans le misérabilisme et fait ressortir la profonde humanité de ses personnages.

Chris Offutt “Nuits appalaches”, éd. Gallmeister, 9,20€

Littérature ados

Avec Tess Sharpe, ça décoiffe, ça pulse ! L’autrice nous entraîne dans un rythme endiablé au milieu de personnages hauts en couleurs qui n’ont pas froid aux yeux.
Alors qu’ils sont pris dans un braquage, trois ados, vont essayer de retourner la situation de manière inattendue.
On suit le braquage, minute après minute et on balaie le passé, tout sauf simple, de Nora, l’héroïne principale.

C’est efficace, c’est fin et c’est un plaisir de lecture, même en étant adultes ! 😉

Tess Sharpe “Ne vous fiez pas aux apparences”, éd. Nathan, 17,95€

Gros coup de tracteur pour ce roman frais, acidulé, drôle et profond !

Annie est trisomique. Elle est “au milieu” d’une fratrie de trois enfants. La vie n’est pas toujours simple à la maison avec cette enfant différente. Mais Annie est aussi un moteur et une inépuisabe source d’amour et de joie. Annie a une passion pour Dalida et les majorettes. Pourtant, elle ne pourra pas défiler dans l’équipe de majorettes dans laquelle elle est inscrite… Qu’à cela ne tienne, la grand-mère a décidé que la famille défilerait avec elle !

Vous allez être secoué.e par Annie et sa famille, dans ce roman qui ne laisse pas de marbre.

Emilie Chazerand “Annie au milieu”, éd. Sarbacane, 17€

Nous sommes au 18e siècle. Ange accompagne son père médecin dans ses visites, en cachant qu’elle est une fille. En pleine épidémie de variole, elle croise Esmée dont elle tombe amoureuse. Mais Esmée pense qu’elle est un garçon…

Un roman traversé par des personnages flamboyants, qui parle d’émancipation et d’acceptation de soi.

A partir de 13 ans

Séverine Vidal “Sous ta peau, le feu”, éd. Nathan, 14,95€

Bandes dessinées ados/ adultes

Étienne Davodeau aime écrire, dessiner et marcher. Il réunit ses trois passions grâce à ce livre.

Le point de départ ? Alors que Sapiens dessinait dans les grottes, il y a 20 000 ans, aujourd’hui il s’apprête à enfouir des déchets nucléaires dans le sous-sol de Bure.

Comment est-ce possible ? Pourquoi Sapiens en est-il arrivé là ?

Avec le talent qui le caractérise, Étienne Davodeau convie dans sa marche des spécialistes pour comprendre et nous permettre de nous questionner.

Du grand Davodeau.

Etienne Davodeau “Le droit du sol”, éd. Futuropolis, 25€

En visitant la maison de son enfance, Juliette se souvient, avec nostalgie, de l’arrivée de son frère Tom, enfant différent, “petit astronaute”.
C’est à travers son regard lumineux qu’on suit le parcours de Tom et de sa famille.

Jean-Paul Eid s’est inspiré de sa propre histoire pour créer cette BD, c’est peut-être ce qui explique la finesse du traitement.

Bouleversant, poignant, plein d’humanité et de tendresse, cette BD est, en outre, un bonheur pour les yeux avec ses illustrations vibrantes.

Jean-Paul Eid, “Le petit astronaute”, éd. La Pastèque, 26€

Joseph Vaughan, devenu écrivain à succès, revient sur des événements qui ont bouleversé son enfance et qui vont le hanter toute sa vie : des meurtres de jeunes filles perpétrés sur plusieurs décennies, dont il a été le témoin involontaire.

Adapté d’un roman de R.J. Ellory, “Seul le silence” est sombre, très sombre. Mais ce thriller tient en haleine et l’adaptation par les auteurs est impeccable.

Fabrice Colin et Richard Guérineau, “Seul le silence” (d’après R.J. Ellory), éd. Philéas, 18,90€

Pour Samuel, c’est vraiment une sale soirée : personne n’est là pour son anniversaire et son ex lui raccroche au nez en lui disant qu’il a raté sa vie…
Sur un coup de tête, il appelle le numéro de téléphone de la maison de son enfance. Et ça décroche…

Une BD drôle et tendre qu’on a beaucoup aimé !

Grégory Panaccione, “Quelqu’un à qui parler”, éd. Le Lombard, 22,50€ – adapté du roman de Cyril Massarotto.

BD jeunesse

“La fée des grains de poussière” a des pouvoirs extraordinaires ! Mais qui ne s’appliquent qu’à l’échelle des grains de poussière… Elle a un regard pétillant sur tout ce qui l’entoure et nous invite à chausser d’autres lunettes, pour une formidable exploration du quotidien.

Dès 2 ans

Esmé Planchon et Jeanne Balas “La fée des grains de poussière”, éd. BD Kids, 8,95€

Depuis que leur mère est morte, Elfie et Magda vivent chez leur tante colérique. Un jour, leur sœur aînée revient de Londres : elle a transformé un bus anglais en librairie ambulante !
Avec “Le grimoire d’Elfie” vous serez embarqué.e à bord d’une aventure qui recèle mystères et aventures, tout en donnant le sourire.

Une BD réconfortante et positive.

Arleston, Alwett et Mini Ludvin, “Le grimoire d’Elfie”, éd. Drakoo, 15,90€ le volume

Albums Jeunesse

Quelle inventivité pour ce petit album ! Tout au long de la lecture, la petite créature va s’adresser à l’enfant, avec humour et ingéniosité. Au fil des pages, on découvrira la petite créature trempée (avec des effets de vernis très réussis), frileuse, énervée.. Avec une foultitude de surprises éditoriales. A coup sûr, le nouveau livre-fétiche de vos enfants (ou de ceux de votre cousine).

Une réussite !

Marjolaine Leray, “La petite créature”, éd. Courtes et longues, 22€

Vous en avez assez d’entendre les enfants dire “C’est pas moi !” dès qu’une bêtise est faite ? Alors, ce livre est fait pour vous !

Car vous aurez la confirmation que les enfants – c’est bien connu – disent toujours la vérité !

Un livre irrésistible !

Elise Gravel, “Pas moi”, éd. Nathan, 12,50€

Afin de découvrir qui a mangé les fraises de Julio le chiot, l’enfant est amené à regarder dans la bouche de chaque animal en manipulant les tirettes.

C’est frais et rigolo !

Marta Comin, “Qui a mangé mes fraises ?”, éd. Albin Michel Jeunesse, 10€

Quand on ne fait que raconter des bobards, forcément, un jour cela pose des problèmes…

Les mésaventures d’un oiseau-lyre qui raconte des craques puis qui décide de ne dire que la vérité !

Humour décapant assuré.

Laura + Philip Bunting, “L’as du bobard”, éd. Kaléidoscope, 13€

Cinq poupées rituelles kachinas mises en pop-up avec poésie et ingéniosité par Dominique Ehrhard et Anne-Florence Lemasson. Des esprits protecteurs qui émerveilleront les petits et les grands!

Dominique Ehrhard et Anne-Florence Lemasson, “Esprit es-tu là ?”, éd. Les Grandes Personnes, 20€

Coups de tracteur #13

Littérature

Dans ce premier roman, Salomé Kiner parle de l’adolescence, de ses fracas et de sa flamboyance. Elle aborde aussi un sujet lourd – la prostitution des mineur.e.s – et réussit la prouesse de le traiter sans tomber dans le sordide.

Avec sa plume alerte et acérée, Salomé Kiner dresse le portrait aigre-doux d’une adolescente de la fin des années 90 qui ne comprend rien et ne voit rien arriver.
L’héroïne est attachante et on suit, en tension, sa vie chaotique et son ton parfois cru et non dénué d’humour.

C’est vif, sensible, parfois drôle. C’est de la violence traversée de lumière. On y croit, on est emporté.

Une réussite.

“Grande couronne” de Salomé Kiner, éd. Christian Bourgois, 18,50€

Ce matin-là, Jacques Bonhomme n’est pas dans sa cuisine, pas sur son tracteur, pas auprès de ses vaches. Depuis la veille, le jeune homme est en cavale : il a quitté sa ferme et s’est enfui, pourchassé par les gendarmes comme un criminel. Que s’est-il passé ?
Par les voix de sa sœur, d’un voisin, on va suivre les épisodes qui ont conduit à cette situation. Inspiré de faits réels, on ne peut qu’être happé par la machine implacable, secoué par les aberrations d’un système dégradant notre rapport au vivant.

C’est toute la magie de Corinne Royer de rendre un texte à la fois poétique et vivant où le lecteur se trouve bouleversé par ce récit de vie poignant, absurde. Peut-être le roman le plus fort de Corinne Royer.

“Pleine terre” de Corinne Royer, Actes Sud, 21€

Un jour, la mère d’Anne Berest reçoit une carte postale anonyme avec quatre prénoms qui sont ceux de ses grands-parents et de sa tante et son oncle, morts à Auschwitz en 1942.
A partir de là, Anne va enquêter. Qui a pu envoyer cette carte ? Et surtout quelle a été la vie des membres de sa famille qu’elle n’a jamais connu ?

Une saga familiale où l’histoire croise l’Histoire qui est aussi une enquête haletante et surtout un très beau roman.

“La carte postale” d’Anne Berest, éd. Grasset, 24€

Littérature ados/adultes

Pour le groupe elle en est une.
Une belle.
Une vraie.
Une grosse.
Une sacrée.

Une vague d’insultes et de haine s’abat brutalement sur l’héroïne de cette histoire.

Ce très bon roman d’éducation sexuelle mène des réflexions passionnantes sur le slut shaming (le fait de stigmatiser les femmes en raison de leur comportement sexuel). Un récit court dont on ne décroche pas, qui dit l’importance de l’écoute de soi et de l’autre dans les relations intimes et qui donne envie d’être soi.

“Queen kong” d’Hélène Vignal, éd. Thierry Magnier, 12,90€

Polar

Dans un poste de police australien, Gabriel se présente car il s’est soustrait à un tueur en série pour lequel il aurait dû être la 55e victime. Quelques heures plus tard, Heath vient chercher protection car il vient d’échapper aux griffes d’un fou : un certain Gabriel.
Qui dit la vérité ? Comment débuter l’enquête ?

Premier roman de cet auteur irlandais, voici un bon polar au scénario original et qui tient la route jusqu’au bout.

“Victime 55” de James Delargy, éd. Harper Collins, 8,50€

Livre-objet

Un leporello qui forme une boucle infinie : celle des langues qu’il nous reste à apprendre. Un récit et des illustrations tout en sensibilité qui forment un langage magnifique.

“Je connais peu de mots” d’Elisa Sartori, éd. Cotcotcot, 15,50€

Essai

En mêlant récit personnel, essai scientifique et témoignages au sujet de personnes autistes dites invisibles, ce livre change complètement notre regard sur ce qu’est la « normalité ». Une réflexion essentielle et une approche intersectionnelle passionnante accessibles, notamment grâce à un humour bien dosé.

Dans ta bulle, Julie Dachez, éd. Marabout, 6,90€

BD

« C’est alors que j’ai réalisé que j’étais non seulement morte, mais assassinée ».
Emma Doucet, vieille dame au caractère bien trempé, se relève d’une chute en se sentant étrange. Pourtant, rien n’a changé, excepté un trou dans sa poitrine… Qui a bien pu vouloir sa mort ? Et pourquoi n’est-elle pas (vraiment) morte ?

La vieille femme va décider d’enquêter…

Comédie grinçante et savoureuse, on ne peut que suivre avec enthousiasme les aventures de ces vieux qui aspirent à une mort joyeuse. C’est léger et profond et ça se dévore.

Ma vie posthume – intégrale, d’Hubert et Zanzim, éd. Glénat, 20€

Albums jeunesse

Un bijou graphique et narratif exceptionnel, qui ravira les petits et grands lecteurs comme les non-lecteurs grâce à la richesse de ses pages. L’auteur nous glisse dans la peau d’un héros casqué en colonie de vacances au Camp d’été de la Vallée du secret. Il se lance alors à la recherche du Maître du secret (c’est simple : il a une grande barbe, une canne, un artichaut et un chapeau rigolo) et tente de connaître le fameux secret.
Un album complètement farfelu aux couleurs explosives !

Le Secret très secret du maître du secret” de Vincent Pianina, Thierry Magnier, 18€

Un adorable livre pop-up (livre animé) aux mécanismes originaux. La sobriété des trois couleurs (blanc, noir, turquoise) ajoute à la beauté de ce petit livre-objet qui fera étinceler les pupilles des petits et grands.

“Chat blanc” de Mathilde Arnaud, éd. Les Grandes Personnes, 15€

Et hop, un petit livre maniable pour les petits mains, pour apprendre à compter et à reconnaître les chiffres.

De façon ingénieuse, sur chaque page, différents modes de lecture sont proposés : compter sur ses doigts, compter les points d’un domino, repérer une suite, lire les chiffres arabes ou écrits.

C’est joyeux et graphique en plus d’être intelligent.

“Les toutouchiffres” de Caroline Dall’Avia, éd. L’Agrume, 13,90€.

Coups de tracteur #12

Littérature

L’auteur, Hadrien Klent, nous fait ici miroiter une société de demain qui pourrait être réelle : le projet fou de ne travailler que 3 heures par jour. On se plaît à suivre le héros du livre Emilien Long, prix Nobel d’économie, dans son projet sociétal qui devient une campagne politique. On tremble, on espère, on frémit à la lecture de cet ovni littéraire, qui nous emplit de joie et d’oxygène.

“Paresse pour tous” d’Hadrien Klent, éd. Tripode, 355 p., 19€

La peur de trop : Bella se retrouve encore confrontée à un voyeur qui l’a fait flipper; son voisin. Bella en a marre, “pète un cable” et elle passe à l’acte. Elle décide qu’elle n’aura plus jamais peur, qu’on ne l’importunera plus et que la peur va changer de camp. De manière violente et intense.
Un roman féministe soufflant et jouissif – qui est le dernier à avoir fait l’objet en 1991 d’une demande d’interdiction au Parlement de Londres pour cause d’immoralisme – coup de cœur de Camille, étudiante en science politique, venue nous aider cet été à la librairie. 🙂

Dirty week-end” d’Helen Zahavi, éd. Libretto, 8.90€

Voici un roman doux comme un berlingot qui raconte la vie d’une librairie de campagne. Nathalie est devenue libraire et raconte les livres et la vie de ses lecteurs. Un tendre voyage initiatique au pays des livres.

=> Coup de cœur de Chloé, notre étudiante apprentie libraire

“La libraire de la place aux herbes” d’Eric de Kermel, éd. J’ai Lu, 7,10€

Polar, Thriller

Pour un premier roman, Tess Sharpe a frappé fort. Dans ce thriller, on suit, sur trois jours intenses, Harley, cheffe de gang. Sa personnalité forte, sa détermination à venir en aide aux femmes victimes de violence et son addiction à la froide vengeance construisent un roman vif, fort et haletant.

“Mon territoire” de Tess Sharpe, éd. Pocket, 8,70€

Bienvenue en Sardaigne avec ses paysages sublimes et sa beauté saisissante. Enfin, pas tant que ça, au vu de la suite des événements : la découverte de meurtres rituels sauvages… Sur fond historique, le roman balaye le lourd héritage d’une famille, accrochée au poids des croyances.

Avec ce roman, première enquête des inspectrices Mara Rais et Eva Croce, au département des “crimes non élucidés”, l’auteur nous tient en haleine et nous laisse avide de découvrir les prochaines aventures de ses héroïnes.

“L’île des âmes” de Piergiorgio Pulixi, éd. Gallmeister, 25,80€

Littérature jeunesse

Jefferson, hérisson sans histoire vivant au pays des animaux, va être accusé à tort d’avoir assassiné son ami M. Edgar, coiffeur de Défini-Tif. S’en suivront sa cavale et son enquête. Ses recherches le mèneront au pays des humains, dans un voyage touristique en bus, aux côtés de son ami Gilbert le cochon et d’autres animaux.

Un très bon polar autour de la maltraitance animale (mais pas que !), admirablement écrit et plein d’humour.

“Jefferson” de Jean-Claude Mourlevat, éd. Folio junior, 6,80€

“Comme tous les dragons, j’ai quitté les braises du foyer familial le jour de mes deux cents ans, lorsque mes parents m’ont offert mon premier trésor et ma première montagne…”

Un roman illustré tendre et drôle sur le thème de l’amitié et sur le chemin que chacun doit trouver pour être soi-même.

“Un trésor lourd à porter” de Maxime Derouen, éd. Grasset Jeunesse, 14,50€

Littérature ados, jeunes adultes

“Sous nos yeux” explique aux ados (et aux adultes !) comment l’imaginaire visuel, et en premier lieu le cinéma et les séries, véhiculent l’idée de la domination masculine. La clarté du propos, l’humour apporté par les illustrations et le foisonnement d’exemples qui parleront aux jeunes en font une grande réussite.
Un formidable outil qui permet de développer l’esprit critique et de changer enfin de regard.

À partir de 12 ans

“Sous nos yeux” d’Iris Brey et Mirion Malle, éd. La ville brûle, 12€

Par le prisme d’une collégienne qui apprend que sa meilleure amie va devenir grande sœur, Anne Loyer nous invite à réfléchir à la politique de l’enfant unique en Chine. Quelles souffrances pour ces enfants sans frère ni sœur ? Et surtout que deviennent les enfants nés “en trop” ?

Un roman vivant qui permet de s’ouvrir à d’autres cultures, tout en balayant les affres de l’adolescence, universels.

Filles uniques” d’Anne Loyer, éd. Slalom, 14,95€

Imaginez la Terre envahie par des extra-terrestres en forme de crevettes géantes qui ont asservi les hommes comme des animaux domestiques…
Mais une faille de taille a été perçue chez ces aliens : ils explosent littéralement au contact des chats. Et si nos compagnons félins devenaient nos plus chers alliés ?

Un roman drôle, décalé et explosif !

“Félicratie” de H. Lenoir, éd. Sarbacane, 342 p.,18€

Accrochez-vous. C’est rock, c’est punk, ça pulse. Avec un style drôle, actuel et pêchu, on suit Léone dans sa quête d’absolu. Elle ne lâche rien. Elle est chanteuse et guitariste d’un groupe de musique punk et refuse de se faire marcher sur les pieds.

Léone, une Gorilla girl pleine de failles qu’on a sûrement croisé au détour d’une rue.

“Gorilla girl” d’Anne Schmauch, éd. Sarbacane, 16€

Ma mère pense que je vais droit dans le mur, avec mes conneries – en même temps, elle est flic… alors forcément, on a deux trois divergences de vue. Et puis c’est complètement faux ! Ma vie est pleine de projets sérieux : faire la fête avec mes amis, recouvrir Paris de graffs anarchistes, draguer avec la finesse d’un char d’assaut, renverser le patriarcat, soigner mon look de leadeuse d’un groupe punk…
De toute façon, je suis sûre que si je fonce assez fort dans le mur, j’arriverais à passer au travers. Et qui sait ce qu’on trouve, de l’autre côté… L’amour ?
Mouais. L’amour, c’est comme les grenades de désencerclement : ça finit toujours par t’exploser à la figure.

Rencontre avec Aurélie Jeannin

Vendredi 27 août à 18h30, à la librairie

Nous avions été saisies par “Préférer l’hiver” et “Les bordes” et nous sommes ravies d’accueillir l’autrice Aurélie Jeannin vendredi 27 août à 18h30. La rencontre aura lieu Place du Four Neuf à Saint-Antonin-Noble-Val (c’est à 50 mètres de la librairie) ou à la librairie, en cas de mauvais temps.

Venez la rencontrer !

Attention, le nombre de places est limité.

“Préférer l’hiver”

À distance du monde, une fille et sa mère, recluses dans une cabane en forêt, tentent de se relever des drames qui les ont frappées. Aux yeux de ceux qui peuplent la ville voisine, elles sont les perdues du coin. Pourtant, ces deux silencieuses se tiennent debout, explorent leur douleur et luttent, au cœur d’une Nature à la fois nourricière et cruelle et d’un hiver qui est bien plus qu’une saison : un écrin rugueux où vivre reste, au mépris du superflu, la seule chose qui compte.
Dans un rythme tendu et une langue concise et précise qui rend grâce à la Nature jusqu’à son extrémité la plus sauvage, Aurélie Jeannin, dont c’est le premier roman, signe un texte comme une mélancolie blanche, aussi puissant qu’envoûtant.

“Préférer l’hiver” d’Aurélie Jeannin, éd. Harper Collins Poche, 7.20€

“Les bordes”

Les Bordes, c’est un lieu et c’est une famille. En l’occurrence, sa belle-famille qui ne l’aime pas. Elle, Brune, le bouclier. Mère responsable, tenant solidement sur ses deux jambes, un œil toujours visé au rétroviseur ou dans l’entrebâillement de la porte, qui guette, anticipe, tente de maîtriser les risques. Ce week-end comme chaque année en juin, elle prend la route avec ses deux enfants pour rejoindre Les Bordes et honorer un rituel familial. Pour celle qui craint chaque seconde l’accident domestique, Les Bordes ressemblent à l’Enfer. Trop de jeux extérieurs, trop de recoins, de folles libertés. Trop de silence et de méchancetés à peine contenues. Trop de souvenirs.

“Les bordes” d’Aurélie Jeannin, éd. Harper Collins France, 17€

Coups de Tracteur #11 spécial poésie

Poésie

Pauline Delabroy-Allard nous avait entraîné.e.s avec sa prose hypnotique dans “ça raconte Sarah” (éd. de Minuit). Dans “Maison-tanière”, la narratrice s’est réfugiée dans cette maison d’amis qui la réconforte et devient un peu la nôtre. Chaque jour, Pauline choisit un disque dans la bibliothèque des hôtes et, le temps du vinyle, écrit un poème puis prend une photo. Dans la deuxième partie du livre, la tristesse prend le pas et cette fois, ce sont les plafonds, avec leurs traces, leurs fissures, qu’elle photographie.
Un texte tour à tour poignant, léger, grave, sensuel.

Extrait à écouter

“Maison-tanière” de Pauline Delabroy-Allard, éd. L’iconoclaste, 80 p., 13€

C’est d’une main légère que Cédric Le Penven creuse ses plaies comme les sillons dans sa terre. Dans ce recueil qui tend vers le journal, l’auteur interroge la souffrance et la beauté du quotidien. Où l’on comprend aussi pourquoi le poète plante des arbres et les écrit.
Des poésies comme des lames, belles et saisissantes.

grandir, c’est peut-être cesser de croire qu’une douleur nous ressemble plus qu’un sourire

Un sol trop fertile, Cédric Le Penven, Éd. Unes, 80p., 17€

Rupi Kaur s’est fait connaître avec “Lait et miel” (publié aux éd. Charleston en France).
Artiste, elle réalise des performances et explore une grande variété de thèmes dans son travail comme l’amour, les traumatismes, la féminité, la migration.
Dans “Home body”, Rupi Kauri souhaite défricher les frontières d’un corps qui a été violenté pour apprendre à l’aimer.
Ce livre présente à la fois ses dessins, esquisses et poésies. Fraîcheur, urgence et spontanéité sont les lignes directrices de son travail. Comme des haïkus modernes, en quelques mots, Rupi Kaur parle de tristesse mais aussi de guérison.
Une poétesse à découvrir.

“Home body” de Rupi Kaur, éd. Nil, 192 p., 17,50€

Une pièce manquante
dans un puzzle
fait un trou dans le paysage.

Comment grandir avec un secret trop lourd à garder ? Tout en tissant des liens avec “Alice au pays des merveilles”, ce recueil évoque ce que chacun peut construire pour supporter un événement de notre passé.
Un ouvrage délicat et émouvant.

“Amnésies” de Marlène Tissot, éd. La boucherie littéraire, 14€

Dans un cri, cette poétesse dénonce avec rage la violence – malheureusement universelle – faite aux femmes au Guatemala. Voici une lecture uppercut qui engage à la résistance.
L’écriture radicale de Regina José Galindo reflète la violence de son «Guatemalade, malade, malade».
Tragique et percutant, ce texte violent vous laissera K.O.

“Rage” de Regina José Galindo, éd. Les lisières, bilingue espagnol-français, 88 p., 14€

À la fois lyrique et narrative, la poésie de Kimberley Blaeser dit la violence subie mais aussi la survivance de la nation et de la culture amérindienne Anishinaabe. Kimberley utilise une langue précise et riche qui absorbe son lecteur.
Au plaisir de la lecture s’ajoutera celui de l’objet qui est beau en soi : typographie, mise en page, qualité du papier. De plus, l’ouvrage est bilingue et comporte de nombreuses notes de la traductrice.

Résister en dansant, Kimberley Blaeser, Éd. des Lisières, 17€

Encore un bel objet-livre aux éditions des Lisières que l’on a plaisir à caresser de la main avant de le dévorer avec les yeux ! L’autrice a su créer un lien doux et organique entre le texte et les linogravures.
Un texte qui invite à la contemplation et à la réconciliation.

“La musique du vent” de Lætitia Gaudefroy Colombot, couverture illustrée d’une linogravure originale de l’artiste, 48 p., 12€

Zoom sur deux maisons d’édition qui viennent de rejoindre les rayons de la librairie

La Boucherie Littéraire

Les éditions La Boucherie littéraire ont été créées en 2014 dans le Lubéron par Antoine Gallardo.
Elles publient des auteurs contemporains de langue française, offrant exclusivement à lire de la poésie. Poésie à fleur de peau, intime, parfois difficile, introspective, vivante, qui sait aussi être incisive et saisissante.
La forme poétique privilégiée est le retour à la ligne.
Les éditions sont menées avec exigence, que ce soit dans l’accompagnement de l’auteur et de son texte ou encore dans les choix de papiers de création et dans l’impression.
Selon Antoine Gallardo “Éditer est un acte de création à part entière.”

La collection “Carné poétique”
Elle est constituée de la viande des auteurs et des lecteurs (qui souvent écrivent eux-mêmes). Il s’agit de livres-objets hybrides à mi-chemin entre le carnet blanc et le livre imprimé. Ce sont des carnets d’inspiration : la poésie lue nous inspire autant que ce qui nous entoure. Ainsi, dans le steak de tous les jours, une poésie originale de 20 pages est prise en sandwich entre 40 pages vierges, laissées à la création du lecteur. La chair restante présente l’auteur et son travail.

lien vers la boucherie littéraire

Les éditions Les Lisières

La poésie est une graine à cultiver, c’est l’herbe folle qui défie les « monocultures de l’esprit » (Vandana Shiva), tout en elle tend à proliférer. Et jamais elle ne se résoudra à n’être qu’un sous-rayon de la littérature.
Fondées en 2016, les éditions des Lisières sont nées dans la Drôme sous la main de Maud Leroy.
Elles abritent des voie/x poétiques.
Considérant que la poésie ne s’arrête pas au poème mais qu’elle constitue une inscription de l’humain sur terre, la maison souhaite faire entendre une diversité de voix, notamment des voix discrètes comme celles des ruraux, des femmes ou des colonisés.

Convivialité et bibliodiversité sont deux concepts qui guident le travail des Lisières, où une part importante du catalogue est tournée vers l’édition bilingue.
L’édition y est conçue comme un outil convivial. Le livre est donc pensé ici plus comme un objet artisanal, fait de plusieurs voix, de plusieurs mains, que comme une marchandise standardisée. Ainsi, la plupart des couvertures des livres sont en typographie au plomb et linogravure – avec le soutien de Pierre Mréjen des éditions Harpo &.
Quant à l’impression, elle est assurée par un imprimeur et un façonnier locaux. Les papiers sont choisis méticuleusement. Il en résulte des livres sobres et sensuels.

lien vers les éditions des lisières

Coups de Tracteur #10

Nature, jardin

Ceci n’est pas un manuel de plus pour jardiner… C’est un livre de réflexions et de conseils avisés et pertinents, énoncés avec humour par un amoureux des légumes, grand spécialiste, qui nous embarque dans sa passion, dans un tourbillon enthousiaste et parfaitement réfléchi.

“Le potager d’un frimeur” de Xavier Mathias, éd. Terre vivante, 25€

Voici un livre qui changera votre regard sur le jardin. Les “mauvaises herbes” n’en sont plus mais sont de la matière vivante pour pailler vos plantes. Les plantes sauvages qui y poussent peuvent se récolter pour déguster ou faire un purin d’herbes. Bref, une foultitude de conseils, très simples que vous aurez envie de réaliser tout de suite !

“La permaculture au jardin mois par mois” par Damien Dekarz, éd. de Terran, 15€

Littérature

Thierry, le narrateur, vit dans un endroit isolé où son voisin est aussi devenu son ami.

Un matin, la maison de ce dernier est cernée par des voitures de police et une ambulance.
Que s’est-il passé ? Thierry connaissait-il vraiment cet alter ego ?

A travers les tergiversations et les interrogations d’un homme, on traverse son passé, ses souvenirs, ses failles, avec une grande finesse et sensibilité.

“L’ami” de Tiffany Tavernier, éd. Sabine Wespieser, 21€

C’est l’histoire d’un quartier populaire et misérable de Palerme, une histoire d’amitiés, d’entraide, servie par une écriture poétique et magique. Un vrai régal.

“Borgo Vecchio” de Giosuè Calaciura, éd. Folio,
160 pages, 6,90€

Phénomène de société en Corée du Sud, ce livre, à travers la vie de Kim Jiyoung, nous dévoile la condition féminine en Corée, mais soulève aussi des points de vue sur la condition féminine tout court. Dans un style simple, nous suivons les réflexions de Kim, étayées de données et d’exemples. Eclairant.

“Kim Jiyoung, née en 1982” de Cho Nam-Joo, éd. 10/18, 6,60€

Les mots de Vincent Message nous entraînent dans un rythme, une spirale infernale, à la manière de l’héroïne Cora. Pressée d’en faire toujours plus, acculée pour faire des choix qui ne lui ressemblent plus, on mesure combien elle est minuscule face à la violence du monde du travail.

“Cora dans la spirale” de Vincent Message, éd. Points, 8,60€

Polar

Gilda Piersanti excelle dans le polar psychologique. Pari réussi cette fois encore avec “Les somnambules” !

Quand trois amis d’enfance sont rattrapés par leur passé… Vont-ils devoir payer pour ce qu’ils ont fait 25 ans plus tôt ?

“Les somnambules” de Gilda Piersanti, éd. Le Passage,
320 pages, 19€

Libraire spécialisé en roman policier, Malcolm Kershaw a eu la bonne idée de publier un article recensant les crimes “parfaits” de la littérature. Mais rien ne va plus le jour où il s’aperçoit qu’un tueur est en train de mettre sa liste à exécution…

Un polar psychologique dont l’ambiance rappelle les classiques du roman policier et qui vous fera passer un excellent moment.

“Huit crimes parfaits” de Peter Swanson, éd. Gallmeister,
352 pages, 23,40€.

Pour le décor, imaginez l’époque victorienne, dans une ambiance londonienne et pleine de brouillard, of course !

Ce polar historique qui met en scène pour la première fois Lizzie Martin jeune femme spontanée, futée et féministe avant l’heure est délicieux. A lire absolument avec une tasse de thé…

“Un intérêt particulier pour les morts” d’Ann Granger, éd. 10/18,
384 pages, 7,50€

Littérature ados (mais même pour les adultes, c’est permis !)

Encore une fois, Marion Brunet se distingue brillamment dans ce nouveau roman.

Le décor : un huis-clos sur un voilier.
Le sujet : quatre amis repêchent le cadavre de leur chef de bande, tandis qu’une tempête terrible se prépare.
Résultat : une lecture impossible à arrêter !

“Plein gris” de Marion Brunet, éd. Pocket jeunesse,
208 pages, 16,90€

Amatrices et amateurs de “Sauveur et fils”, réjouissez-vous, voici une nouvelle série de Marie-Aude et Lorris Murail !
Une intrigue qui tient en haleine avec de nombreux rebondissements et une galerie de personnages très attachants. Le début d’une série enthousiasmante qu’on a hâte de retrouver.
Angie, on dit oui ! ^^

“Angie” de Marie-Aude & Lorris Murail, éd. L’école des Loisirs, 17€

Albums jeunesse

Changer d’air, qui n’en rêve pas aujourd’hui ? C’est aussi ce que se dit une Maison qui, pour le bien-être de ses habitants, va décider de prendre le large.

Un album fourmillant de détails, drôle, tendre et réconfortant. Un bonheur de lecture !

“Changer d’air” de Jeanne Macaigne, éd. Les Fourmis Rouges, 18€

Comme une petite comptine, cet album, esthétique et tendre, séduira le tout-petit. Sur chaque page, l’enfant est invité à faire rouler (et disparaître) un renard, jusqu’à la page finale où il aura la joie de retrouver les renardeaux cachés et blottis…

“Roule renard” d’Atelier SAJE, éd. Didier Jeunesse, 12,90€